{"id":215,"date":"2022-01-01T17:59:58","date_gmt":"2022-01-01T16:59:58","guid":{"rendered":"https:\/\/antoineoury.wordpress.com\/?p=215"},"modified":"2022-01-01T17:59:58","modified_gmt":"2022-01-01T16:59:58","slug":"la-nostalgie-du-spectateur-un-moteur-du-blockbuster-moderne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/2022\/01\/01\/la-nostalgie-du-spectateur-un-moteur-du-blockbuster-moderne\/","title":{"rendered":"La nostalgie du spectateur, un moteur du blockbuster moderne"},"content":{"rendered":"\n<p>Profitant d\u2019une courte br\u00e8che dans le long tunnel de fermeture qui s\u2019impose aux salles de cin\u00e9ma depuis les d\u00e9buts de la pand\u00e9mie, deux m\u00e9gacorporations \u00e9tatsuniennes du divertissement, Disney d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et WarnerMedia de l\u2019autre, ont chacune mis en avant leur blockbuster. Et une certaine approche de la nostalgie des spectateurs.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Matrix Resurrections<\/em> commence comme un <em>remake<\/em> et termine comme un <em>reboot<\/em>. Le glissement sonne comme une d\u00e9fense de la cr\u00e9ativit\u00e9, de la seconde chance et de la r\u00e9invention de sa vie plut\u00f4t que de l\u2019\u00e9ternel retour, mais peut-\u00eatre ne faut-il rien y voir d\u2019autre qu\u2019une solution choisie par Lana Wachowski, parce qu\u2019il fallait bien donner une direction au film.<\/p>\n\n\n\n<p>On pr\u00e9sente souvent les suites, <em>remake<\/em>, <em>reboot<\/em> et autres comme des choix de production paresseux, mercantiles et d\u00e9nu\u00e9s de prise de risques. Pourtant, rien ne semble plus complexe que satisfaire un spectateur qui sait \u00e0 quoi s\u2019attendre, qui esp\u00e8re, voire envisage des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9cis. Dans les cas de <em>Spider-Man: No Way Home<\/em> et <em>Matrix Resurrections<\/em>, la diffusion de multiples bandes-annonces aidant, les attentes \u00e9taient fermes, et les films autant craints qu\u2019esp\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Inutile de souligner que tous deux s\u2019appuyaient sur un sentiment commun : la nostalgie du spectateur. Dans le cas de <em>Matrix<\/em>, la trilogie des ann\u00e9es 2000 reste pour certains spectateurs une r\u00e9f\u00e9rence du \u00ab\u00a0blockbuster r\u00e9fl\u00e9chi\u00a0\u00bb, une classification dans laquelle elle rejoignait <em>Blade Runner<\/em>, quelques films de Stanley Kubrick (<em>2001<\/em> et <em>Shining<\/em>, notamment), et serait suivie par une bonne quantit\u00e9 de films de Christopher Nolan. Cette cat\u00e9gorie s\u2019appliquant aux films mettant en avant un sous-texte philosophique, ou un discours assez \u00e9vident, revendiqu\u00e9 m\u00eame, sur l\u2019\u00e9poque. Ses effets sp\u00e9ciaux ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9, tout comme l\u2019esth\u00e9tique et les chor\u00e9graphies des combats (celui mettant Neo face \u00e0 Morpheus reste un sommet) &#8211; il faut se souvenir des milliers de parodies qui essaim\u00e8rent un peu partout apr\u00e8s le premier volet.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour <em>Spider-Man<\/em>, la nostalgie des spectateurs est plus subtile, car <em>No Way Home<\/em> est le dernier volet d\u2019une trilogie qui ne s\u2019appuyait pas sp\u00e9cifiquement sur cette nostalgie, \u00e0 l\u2019origine. <em>Spider-Man Homecoming<\/em> et <em>Spider-Man: Far From Home<\/em> mettaient ainsi en sc\u00e8ne un \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb Spider-Man, interpr\u00e9t\u00e9 par Tom Holland, tout compte fait pas si nouveau \u2014 toujours jeune, aussi bien en \u00e2ge qu\u2019en exp\u00e9rience, Blanc, Peter Parker \u2014, mais entour\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui tranchaient avec les films des ann\u00e9es 2000 et 2010 &#8211; de nouveaux amis, pas d\u2019histoire d\u2019origine, un lien avec les Avengers.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi, <em>No Way Home<\/em> aurait-il pu fonctionner sans nostalgie, \u00e0 partir du seul plaisir de voir ce personnage \u00e9voluer \u00e0 l\u2019\u00e9cran : rien ne rattachait ce film \u00e0 une exp\u00e9rience de cin\u00e9ma autre que la trilogie o\u00f9 il s\u2019ins\u00e9rait (ou l\u2019Univers Marvel depuis <em>Iron Man<\/em>, si l\u2019on veut \u00e9tendre). Cependant, Disney et Sony ont, gr\u00e2ce aux bandes-annonces \u00e9galement, donn\u00e9 un coup de coude aux spectateurs des premiers films, ceux-l\u00e0 m\u00eames qui avaient peut-\u00eatre \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 cette nouvelle version cin\u00e9matographique du personnage. D\u2019anciens m\u00e9chants \u00e9taient de retour, et avec eux la promesse d\u2019\u00ab\u00a0anciennes versions\u00a0\u00bb du Spider-Man cin\u00e9matographique.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Matrix<\/em> comme <em>Spider-Man<\/em> ont donc choisi tous les deux de s\u2019appuyer sur la nostalgie du spectateur, un ressort devenu extr\u00eamement puissant au cin\u00e9ma, comme ailleurs dans la soci\u00e9t\u00e9, en particulier dans le discours politique. Quand l\u2019avenir peut faire peur, la nostalgie, au contraire, n\u2019est que positif, chaleur et (r\u00e9)confort, comme une habitude. Une grande partie des blockbusters n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 cette nostalgie ambiante, et en fait m\u00eame un levier. <em>Ghostbusters: Afterlife<\/em>, un autre blockbuster sorti presque en m\u00eame temps que <em>Matrix<\/em> <em>4<\/em> et <em>Spider-Man<\/em>, mobilisait\u00a0 a priori (je ne l\u2019ai pas vu) cette m\u00eame \u00e9motion. <em>West Side Story<\/em>, la version de Steven Spielberg, s\u2019ins\u00e8re aussi dans cette tendance, nonobstant ce que le r\u00e9alisateur a voulu faire du mat\u00e9riau original (pas vu non plus).<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait faux de pr\u00e9tendre qu\u2019aucun blockbuster ne parvient \u00e0 s\u2019exon\u00e9rer de cette nostalgie aujourd\u2019hui, mais tout aussi erron\u00e9 d\u2019ignorer cet \u00e9tat de fait. Le d\u00e9veloppement de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la vid\u00e9o dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle, avec la possibilit\u00e9 d\u2019acheter, de louer, de copier, et \u00e0 pr\u00e9sent de voir \u00e0 la demande, imm\u00e9diatement, a consid\u00e9rablement facilit\u00e9 une forme de cin\u00e9philie du souvenir et de la r\u00e9p\u00e9tition. On cite des r\u00e9pliques de films, on les visionne \u00e0 certains moments pr\u00e9cis de l\u2019ann\u00e9e, on les as vu au cin\u00e9ma avec untel, on pr\u00e9f\u00e8re l\u2019original\u2026 Ce sont des films cultes, autour desquels se construit logiquement une croyance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette croyance, aid\u00e9e par la mondialisation et la puissance commerciale des studios de cin\u00e9ma derri\u00e8re ces m\u00eames films d\u2019exploitation (Universal, Warner Bros., Disney, des groupes qui ne semblent que pouvoir s\u2019agrandir au fil des rachats), est devenue plan\u00e9taire. <em>Star Wars<\/em>, Harry Potter, Spider-Man, Superman, Batman sont devenus les termes d\u2019une langue universelle. Ces nouvelles marques &#8211; des licences &#8211; appr\u00e9cient le cin\u00e9ma comme une efficace publicit\u00e9, suscitant ou renouvelant un int\u00e9r\u00eat pour des produits ou des services d\u00e9riv\u00e9s. Mais les studios et productions, les bras charg\u00e9s de ces licences, se retrouvent \u00e0 devoir progresser, autrement dit, faire mieux \u00e0 chaque film, sans voir le chemin devant eux. Or, comment contenter des publics si larges, qui n\u2019ont en commun que les r\u00e9f\u00e9rences, justement, venant des films pr\u00e9c\u00e9dents ? La possibilit\u00e9 retenue, car la plus prometteuse, reste d\u2019\u00e9voquer ces m\u00eames pr\u00e9c\u00e9dents films, tout simplement, ce qui permet en th\u00e9orie de s\u2019arroger un succ\u00e8s d\u2019habitude, pourrait-on dire. Mais, m\u00eame dans ce cas, l\u2019accident industriel n\u2019est pas totalement \u00e9cart\u00e9, comme le prouve la trilogie <em>Star Wars<\/em> des ann\u00e9es 2010 de Disney\/Lucasfilm, engag\u00e9e et men\u00e9e sans grande conviction malgr\u00e9 la pr\u00e9sence d\u2019artisans appliqu\u00e9s et volontaires, sans aucun doute, ou les vaines tentatives de nouveaux films <em>Terminator<\/em> (o\u00f9 la nostalgie et le retour en arri\u00e8re se justifiaient toutefois par les voyages dans le temps, au coeur de cet univers).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Matrix Resurrections<\/em>, sans surprise, est le film qui s\u2019amuse le plus de cette croyance en des films cultes, ind\u00e9passables par nature. D\u2019une part, parce que les soeurs Wachowski n\u2019auraient sans doute jamais esp\u00e9r\u00e9 une telle adh\u00e9sion \u00e0 <em>Matrix<\/em>, premier du nom, film \u00e0 grand spectacle, certes, mais assez aust\u00e8re dans ces d\u00e9cors et son esth\u00e9tique d\u2019une part, et assez d\u00e9pressif, bien qu\u2019optimiste, en fin de compte, dans son discours. D\u2019autre part, parce que Lana Wachowski, m\u00eame sans sa soeur, n\u2019est pas dupe quant aux attentes de WarnerMedia &#8211; ou celles des spectateurs. Toute la premi\u00e8re moiti\u00e9 du film, d\u2019ailleurs, joue, parfois de mani\u00e8re pas tr\u00e8s subtile, avec l\u2019exploitation orchestr\u00e9e par les producteurs et le marketing, les souvenirs des spectateurs &#8211; la fameux <em>d\u00e9j\u00e0 vu<\/em> &#8211; et l\u2019in\u00e9vitable d\u00e9ception de ces derniers.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un m\u00e9ta-discours qui ronronne assez rapidement (voici le film qui r\u00e9v\u00e8le la supercherie des films pr\u00e9c\u00e9dents \u2014 les multiples \u00e9crans o\u00f9 la cam\u00e9ra entrait, dans le premier film, constituaient un dispositif visuel suffisant et int\u00e9ressant, pour le m\u00eame discours), Lana Wachowski pr\u00e9f\u00e8re finalement se jeter dans une invention de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de l\u2019univers <em>Matrix<\/em> : des machines qui collaborent avec des humains, un ennemi in\u00e9dit, une r\u00e9organisation de la matrice\u2026 Et la r\u00e9invention d\u2019autres, comme Morpheus, l\u2019Agent Smith ou l\u2019Oracle, parmi les plus appr\u00e9ci\u00e9s des spectateurs. Ne restent que Neo et Trinity, le couple qui a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 comme le centre des films <em>Matrix<\/em> (il est d\u2019ailleurs curieux que, \u00e0 l\u2019exception des pouvoirs r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00e0 la fin du film, l\u2019un comme l\u2019autre n\u2019ait pas subi plus de transformations, d\u2019amputations ou d\u2019extensions \u00e0 l\u2019occasion de ce <em>Matrix 4<\/em> \u2014 voire une transformation en machines ou en programmes).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien une mise \u00e0 jour de <em>Matrix<\/em> qui attend le spectateur (dans tous les sens du terme, avec l\u2019apparition du \u00ab\u00a0modal\u00a0\u00bb, du mode meute ou, visuellement, la disparition du filtre vert qui habillait les images des trois premiers volets), tandis que la r\u00e9alisatrice esquive la dialectique du choix de la trilogie originale. La servitude peut \u00eatre volontaire, l\u2019ennemi devenir un alli\u00e9 et la machine un moteur de vie naturelle : une suite n\u2019aura pas \u00e0 \u00eatre meilleure ou pire que l\u2019original. Elle sera simplement une autre proposition. Elle pourra m\u00eame \u00eatre une suite pour rien, comme la pr\u00e9sence et le discours du M\u00e9rovingien semblent le sous-entendre : <em>reboot<\/em>, <em>remake<\/em>, suite, tout cela \u00e0 la fois, pourquoi pas.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><em>Spider-Man: No Way Home<\/em>, pour sa part, use de la nostalgie des autres films de plusieurs mani\u00e8res. La plus simple est la convocation des personnages venus du pass\u00e9, ce qui permet de concr\u00e9tiser le multivers, mais aussi de doter le film de super-vilains marquants, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019\u00eatre vraiment int\u00e9ressants (leur \u00e9volution n\u2019est que technique pour certains \u2014 Ock et Electro \u2014, et nulle pour d\u2019autres). L\u2019autre mani\u00e8re consiste en un discours finalement assez proche de <em>Matrix 4<\/em> dans sa relativit\u00e9 et son refus de la binarit\u00e9. Peter Parker (Tom Holland) se retrouve en effet dans le film face aux vilains affront\u00e9s par Peter Parker (Tobey McGuire) et Peter Parker (Andrew Garfield) dans leurs films respectifs, qui ont presque tous trouv\u00e9 la mort dans leurs combats. Anim\u00e9 par les id\u00e9aux transmis par sa Tante May (port\u00e9s par l\u2019oncle et, parfois, la tante de Peter dans les autres films), il cherchera \u00e0 faire mieux, en les corrigeant (litt\u00e9ralement, sans combat) dans sa r\u00e9alit\u00e9 avant de les renvoyer vers la leur. Il \u00e9chouera, seul, mais l\u2019irruption de ses deux homologues lui permettra d\u2019y parvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019univers cin\u00e9matographique Marvel avait d\u00e9j\u00e0 eu recours \u00e0 la nostalgie, de mani\u00e8re tr\u00e8s forte et assez amusante, dans <em>Avengers: Endgame<\/em>, o\u00f9 les h\u00e9ros revisitaient diff\u00e9rentes sc\u00e8nes des films pr\u00e9c\u00e9dents pour changer le cours du temps. Ici aussi, le film proclamait que tout \u00e9tait relatif, et qu\u2019un bon souvenir de spectateur pouvait finalement toujours \u00eatre d\u00e9pass\u00e9, revisit\u00e9, parfois en mieux, parfois en moins bien. Ce faisant, le film c\u00e9l\u00e9brait sa propre mythologie, d\u2019une mani\u00e8re assez r\u00e9jouissante selon moi. Je m\u2019attendais au m\u00eame dispositif dans <em>No Way Home<\/em>, finalement \u00e9vit\u00e9 \u2014 c\u2019est heureux, pour \u00e9viter la redite.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Pour revenir \u00e0 la nostalgie dans <em>Spider-Man: No Way Home<\/em>, son usage reste assez superficiel \u2014 des ennemis, des aides au h\u00e9ros, une le\u00e7on sur les id\u00e9aux, des sc\u00e8nes comiques attendues, mais efficaces \u2014, mais il est clairement r\u00e9confortant, efficace (du moins pour les spectateurs attach\u00e9s aux pr\u00e9c\u00e9dentes versions du personnage) et bien dos\u00e9. Par sa fin, <em>No Way Home<\/em> proclame aussi qu\u2019il n\u2019y a de l\u00e9gende que celle que l\u2019on se construit, \u00e0 la mani\u00e8re de <em>Matrix 4<\/em>. Il laisse toutefois un peu dubitatif, \u00e0 ce titre, et d\u00e9\u00e7u pour le Peter Parker incarn\u00e9 par Tom Holland, qui ne semble toujours pas avoir trouv\u00e9 sa voie. M\u00eame l\u2019\u00e9preuve initiatique du d\u00e9c\u00e8s de Tante May lui est un peu \u00ab\u00a0g\u00e2ch\u00e9e\u00a0\u00bb par les pr\u00e9sences des Peter McGuire et Garfield, qui semblent signifier \u00ab\u00a0Nous sommes d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s par l\u00e0\u00a0\u00bb, aussi bien dans nos r\u00e9cits de personnages que dans nos films. Ici, la trilogie semble presque avoir \u00e9t\u00e9 faite pour rien, puisque Peter \u00ab\u00a0reboot\u00a0\u00bb le monde entier afin de faire oublier son identit\u00e9 : le retour au point de d\u00e9part qui cl\u00f4t le film, et qu\u2019un prochain devrait heureusement rattraper, fait presque regretter un troisi\u00e8me volet mieux men\u00e9 que les pr\u00e9c\u00e9dents.\u00a0N&rsquo;aurait-il pas d\u00fb \u00eatre le premier ?<\/p>\n\n\n\n<p>Avec un recul diff\u00e9rent, et un cynisme plus ou moins assum\u00e9, ces deux films impr\u00e9gn\u00e9s de nostalgie se posent des questions salutaire sur l\u2019influence de cette derni\u00e8re sur le blockbuster moderne. Mais un seul lui propose une r\u00e9ponse satisfaisante, selon moi, puisque l\u2019autre choisit l\u2019amn\u00e9sie pure et simple, y compris des deux films qui l&rsquo;accompagnaient. Comme si le poids de la nostalgie supposait d\u2019oblit\u00e9rer totalement le pass\u00e9, l\u2019h\u00e9ritage visuel et narratif\u00a0: un aveu d\u2019impuissance, aux yeux du spectateur que je suis.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Profitant d\u2019une courte br\u00e8che dans le long tunnel de fermeture qui s\u2019impose aux salles de cin\u00e9ma depuis les d\u00e9buts de la pand\u00e9mie, deux m\u00e9gacorporations \u00e9tatsuniennes du divertissement, Disney d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et WarnerMedia de l\u2019autre, ont chacune mis en avant leur blockbuster. Et une certaine approche de la nostalgie des spectateurs. 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