{"id":107,"date":"2021-12-17T16:25:44","date_gmt":"2021-12-17T15:25:44","guid":{"rendered":"https:\/\/antoineoury.wordpress.com\/?p=107"},"modified":"2021-12-17T16:25:44","modified_gmt":"2021-12-17T15:25:44","slug":"portrait-simon-reynolds-apologie-du-bruit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/2021\/12\/17\/portrait-simon-reynolds-apologie-du-bruit\/","title":{"rendered":"Portrait &#8211; Simon Reynolds : Apologie du bruit"},"content":{"rendered":"\n<p>Un entretien qui remonte \u00e0 mars 2013, pendant Salon du Livre de Paris, que je couvrais pour <em>ActuaLitt\u00e9<\/em>, mais qui a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 dans une boutique parisienne, D\u00e9mocratie, dans le 5e arrondissement, ferm\u00e9e aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;y avais trouv\u00e9 <em>Un justicier dans la ville<\/em>, de Venom, d&rsquo;occasion. Je garde de Simon Reynolds le souvenir de quelqu&rsquo;un d&rsquo;assez timide, qui m&rsquo;a paru \u00e9tonn\u00e9 de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;on lui consacrait alors. L&rsquo;entretien avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 en deux parties, une pour <em>Coup d&rsquo;Oreille<\/em>, l&rsquo;autre pour <em>ActuaLitt\u00e9<\/em> (lien en fin d&rsquo;article).<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/antoinj.cluster021.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/simon_reynolds_bring_the_noise_democratie_saint_michel.jpeg?w=530\" alt=\"\" class=\"wp-image-356\" width=\"687\" height=\"458\" srcset=\"https:\/\/antoineoury.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/simon_reynolds_bring_the_noise_democratie_saint_michel.jpeg 530w, https:\/\/antoineoury.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/simon_reynolds_bring_the_noise_democratie_saint_michel-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 687px) 100vw, 687px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Connu et reconnu en France depuis&nbsp;<\/em>Retro\u00adma\u00adnia<em>&nbsp;(2012, Le mot et le reste), sa th\u00e9orie musi\u00adcale sur l\u2019\u00e9ternel retour du pass\u00e9 dans la pop cul\u00adture actuelle a d\u00e9pass\u00e9 les fron\u00adti\u00e8res du milieu de la cri\u00adtique anglo\u00adphone. De pas\u00adsage \u00e0 Paris, Simon Reynolds revient pour sa part sur Bring the Noise, recueil d\u2019articles pub\u00adli\u00e9 Au Dia\u00adble Vau\u00advert. Avec pour ligne direc\u00adtrice la d\u00e9li\u00adcate ques\u00adtion d\u2019une approche white music\/\u200bblack music de la pop, et de sa per\u00adti\u00adnence. Du rap au punk, du Caf\u00e9 de l\u2019Od\u00e9on au record shop D\u00e9moc\u00adra\u00adtie, apolo\u00adgie du bruit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le marathon Salon du Livre de Paris a plus ou moins bien r\u00e9ussi \u00e0 Simon Reynolds : il a sign\u00e9 des auto\u00adgraphes, ren\u00adcon\u00adtr\u00e9 des lecteurs, endur\u00e9 la suc\u00adces\u00adsion des inter\u00adviews et une vilaine cr\u00e8ve parisi\u00adenne. D\u2019abord intimid\u00e9 par ces col\u00adl\u00e8gues qui le trans\u00adfor\u00adment en sujet d\u2019entretien, il reprend le fil : \u00ab Rip it up and start again<em>&nbsp;(<\/em>pub\u00adli\u00e9 en France par Allia<em>,&nbsp;<\/em>donc<em>) est sorti, il a plut\u00f4t bien march\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb La suite se fait vite atten\u00addre : \u00ab&nbsp;<em>J\u2019avais pens\u00e9 \u00e0 un livre sur les races et la musique, les rela\u00adtions entre musique noire et musique blanche, appel\u00e9&nbsp;<\/em>White on Black<em>, un in\u00e9dit.<\/em>&nbsp;\u00bb Jaugeant de la \u00ab&nbsp;<em>sen\u00adsi\u00adbil\u00adit\u00e9 du sujet<\/em>&nbsp;\u00bb tout autant que de la per\u00adti\u00adnence d\u2019une approche raciale, avec ce que le terme sup\u00adporte de st\u00e9r\u00e9o\u00adtypes erron\u00e9s, Reynolds bifurque vers le recueil d\u2019articles : \u00ab&nbsp;<em>Cela m\u2019a paru plus int\u00e9res\u00adsant parce que chaque arti\u00adcle est pr\u00e9\u00adcis\u00e9\u00adment li\u00e9 \u00e0 un con\u00adtexte, un genre musi\u00adcal, une sc\u00e8ne qui ont \u00e9t\u00e9 influ\u00adenc\u00e9s par ces rela\u00adtions entre&nbsp;<\/em>white music<em>&nbsp;et&nbsp;<\/em>black music<em>.<\/em>&nbsp;\u00bb Reynolds \u00e9crit depuis&nbsp;20&nbsp;ans, a acquis une exp\u00e9ri\u00adence cer\u00adtaine dans les domaines hip hop, grime, post-\u200brock, en Angleterre et aux \u00c9tats-\u200bUnis : sa tra\u00adjec\u00adtoire per\u00adson\u00adnelle ren\u00adcon\u00adtre les croise\u00adments ou les oppo\u00adsi\u00adtions des ces sc\u00e8nes musi\u00adcales,&nbsp;<em>white<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>black<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord depuis Lon\u00addres, o\u00f9 il est n\u00e9 en&nbsp;1963, puis \u00e0 New York en jour\u00adnal\u00adiste ind\u00e9pen\u00addant, Reynolds a laiss\u00e9 tra\u00eener ses oreilles du c\u00f4t\u00e9 de la musique pop\u00adu\u00adlaire, terme qui ouvre&nbsp;<em>Bring the noise<\/em>, avec cet effet man\u00adi\u00adfeste que le cri\u00adtique musi\u00adcal affec\u00adtionne. Tout autant que ce genre b\u00e2tard, \u00e0 la fois dans et en dehors des&nbsp;<em>charts<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Robert Christ\u00adgau avait m\u00eame avanc\u00e9 l\u2019expression \u00abgroupes semi-\u200bpopulaires\u00bb pour ces for\u00adma\u00adtions tr\u00e8s under\u00adground mais quand m\u00eame dif\u00adfus\u00e9es sur&nbsp;MTV\u2026 Sonic Youth, par exem\u00adple.<\/em>&nbsp;\u00bb La cat\u00e9\u00adgorie n\u2019a rien de putassier pour le cri\u00adtique : \u00ab&nbsp;<em>Le terme est tr\u00e8s vaste : il recou\u00advre une musique pop dans sa forme et dans les charts, comme les Bea\u00adt\u00adles ou Hen\u00addrix, et d\u2019autres, comme Love ou le Vel\u00advet, qui ont peu ven\u00addus \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/em>&nbsp;<em>Il y a toute une his\u00adtoire de la musique pop\u00adu\u00adlaire avant la musique pop.<\/em>&nbsp;\u00bb Reynolds d\u00e9niche des p\u00e9pites, qu\u2019il d\u00e9fend farouche\u00adment, The Streets, So Solid Crew, d\u00e9cou\u00advre Dilla ou Vam\u00adpire Week\u00adend outre-\u200bAtlantique : \u00ab&nbsp;<em>La pop musique a tou\u00adjours abrit\u00e9 des choses \u00e9tanges, exp\u00e9ri\u00admen\u00adtales, aggres\u00adsives pour moi.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En&nbsp;1994, dix ann\u00e9es apr\u00e8s ses d\u00e9buts dans la cri\u00adtique musi\u00adcale, Simon Reynolds quitte la terre d\u2019Albion pour celles, riches de mat\u00e9ri\u00adaux, de la ban\u00adni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e : \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai tout de suite remar\u00adqu\u00e9 que les Am\u00e9ri\u00adcains \u00e9taient bien plus branch\u00e9s musique live que les Bri\u00adtan\u00adniques, m\u00eame pour la cri\u00adtique : \u00ab<\/em>J\u2019ai \u00e9cout\u00e9 l\u2019album, mais j\u2019attends de les voir en live<em>\u00bb, c\u2019est quelque chose que l\u2019on entend sou\u00advent.<\/em>&nbsp;\u00bb Et le jour\u00adnal\u00adiste de faire le par\u00adal\u00adl\u00e8le avec la musique, avec des groupes bri\u00adtan\u00adniques qui \u00ab&nbsp;<em>explorent le stu\u00addio<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cri\u00adtique bri\u00adtan\u00adnique d\u00e9bar\u00adque avec la rad\u00adi\u00adcal\u00adit\u00e9 des avis : \u00ab&nbsp;<em>En Grande-\u200bBretagne, c\u2019est amour con\u00adtre haine, soit on aime quelque chose \u00e0 fond, soit on ne l\u2019aime pas du tout.<\/em>&nbsp;\u00bb Port\u00e9 par cet envi\u00adron\u00adnement in\u00e9dit, Reynolds revoie cer\u00adtains de ses avis, notam\u00adment sur le rap : \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai pu d\u00e9cou\u00advrir com\u00adbien le get\u00adtin\u203a paid \u00e9tait impor\u00adtant, ce qui me fai\u00adsait pas mal revoir ma copie au niveau du mat\u00e9ri\u00adal\u00adisme de cette musique. La s\u00e9lec\u00adtion de&nbsp;<\/em>Bring the Noise<em>&nbsp;vise \u00e0 revenir sur ces arti\u00adcles tr\u00e8s engag\u00e9s, qui por\u00adtent v\u00e9ri\u00adta\u00adble\u00adment une sit\u00adu\u00ada\u00adtion \u00e0 un endroit donn\u00e9, \u00e0 un moment donn\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Simon Reynolds - Interview Bring the Noise\" width=\"660\" height=\"371\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/X-oBLT4x9dI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Bring the noise<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>fight for your right<\/em>&nbsp;: la cri\u00adtique musi\u00adcale n\u2019est pas exempte de con\u00adcur\u00adrence, et le Melody Maker dans lequel Reynolds \u00e9crit m\u00e8ne une guerre de tranch\u00e9es (de sil\u00adlons) avec le New Musi\u00adcal Express : \u00ab&nbsp;<em>Everett True a \u00e9crit sur le grunge et sur Nir\u00advana tr\u00e8s t\u00f4t, avant m\u00eame que les Am\u00e9ri\u00adcains ne s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 Sub Pop.<\/em>&nbsp;[En&nbsp;1988, il passera finale\u00adment au Melody Maker, NdR]&nbsp;<em>C\u2019\u00e9tait un peu la com\u00adp\u00e9ti\u00adtion pour trou\u00adver le meilleur nou\u00adveau son, il y avait&nbsp;51&nbsp;num\u00e9ros du mag\u00ada\u00adzine par an, avec ce chal\u00adlenge de trou\u00adver l\u2019in\u00e9dit chaque semaine.<\/em>&nbsp;\u00bb Et d\u2019avoir un app\u00e9tit pour l\u2019\u00e9criture autant que pour l\u2019\u00e9coute : \u00ab&nbsp;<em>Pen\u00addant les vacances, les jour\u00adnaux musi\u00adcaux anglais ont une page pour les cri\u00adtiques des sin\u00adgles de la semaine. Cha\u00adcun y pas\u00adsait \u00e0 son tour : il fal\u00adlait tous les pren\u00addre chez soi, passer la nuit debout pour tous les \u00e9couter. Et en tirer quelques bons titres \u00e7a et l\u00e0, mais beau\u00adcoup de tr\u00e8s mau\u00advais, qui deve\u00adnaient nos d\u00e9fouloirs, ou plut\u00f4t l\u2019occasion d\u2019exposer pour quelles raisons telle musique nous parais\u00adsait bien, et celle-\u200bl\u00e0 non.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 le rythme, Simon Reynolds trouve tr\u00e8s vite quelques trucs pour r\u00e9di\u00adger plus rapi\u00adde\u00adment sans per\u00addre en qual\u00adit\u00e9, bien au con\u00adtraire : dans ses reportages, il inclut des bribes d\u2019entretiens aupr\u00e8s du pro\u00adduc\u00adteur, des musi\u00adciens, d\u2019un type qui n\u2019a pas aim\u00e9 l\u2019album\u2026 \u00ab\u00a0<em>On appelle \u00e7a du <\/em>\u00ab\u00a0sec\u00adondary report\u00ading\u00a0\u00bb<em>, et les d\u00e9c\u00adla\u00adra\u00adtions con\u00adstituent des cita\u00adtions pour soutenir la char\u00adp\u00adente du texte.\u00a0<\/em>\u00bb Un r\u00e9flexe qui ne lui est venu qu\u2019en Am\u00e9rique, et qui lui a per\u00admis de m\u00ealer ter\u00adrain (les v\u00eate\u00adments, les r\u00e9ac\u00adtions) et th\u00e9ories, revig\u00ador\u00e9s par un accent de man\u00adi\u00adfeste, \u00ab O<em>n s\u2019arr\u00eate et on \u00e9crit cette grande phrase, et ensuite on reparle des chan\u00adsons et du reste<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/antoinj.cluster021.hosting.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/record_shop_democratie_saint-michel.jpeg?w=530\" alt=\"\" class=\"wp-image-359\" width=\"683\" height=\"455\" srcset=\"https:\/\/antoineoury.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/record_shop_democratie_saint-michel.jpeg 530w, https:\/\/antoineoury.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/record_shop_democratie_saint-michel-300x200.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><figcaption>Le record shop D\u00e9mocratie<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est \u00ab que \u00bb&nbsp;11&nbsp;heures du matin. Un dernier jour de Salon du Livre, votre hor\u00adloge cor\u00adporelle est d\u00e9j\u00e0 s\u00e9v\u00e8re\u00adment d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e : le record shop D\u00e9moc\u00adra\u00adtie, boule\u00advard Saint-\u200bMichel est l\u2019asile chaleureux et par\u00adfait pour finir l\u2019interview. Entre les rang\u00e9es de vinyles, sous la prog\u203a du dis\u00adquaire Valentin, Reynolds donne son avis sur le retour en gr\u00e2ce du sup\u00adport aupr\u00e8s du pub\u00adlic : \u00ab&nbsp;<em>Il y a peut-\u200b\u00eatre un besoin de d\u00e9mon\u00adtrer que l\u2019on accorde de l\u2019importance, une asso\u00adci\u00ada\u00adtion cul\u00adturelle entre le vinyle et l\u2019enregistrement analogique, des gen\u00adres musi\u00adcaux aussi : le early disco, le rock clas\u00adsique des&nbsp;60s, le reg\u00adgae&nbsp;70s, le post-\u200bpunk, les sin\u00adgles&nbsp;7-\u200binch.<\/em>&nbsp;\u00bb Et nuance la l\u00e9gende de la qual\u00adit\u00e9 sup\u00e9rieure : \u00ab&nbsp;<em>L\u2019ironie, c\u2019est que la plu\u00adpart des vinyles que l\u2019on ach\u00e8te, les r\u00e9\u00e9di\u00adtions d\u2019anciens albums ou cer\u00adtains vinyles r\u00e9cents, le proc\u00e9d\u00e9 n\u2019est pas analogique. Les ventes n\u2019offrent pas une grande marge, alors le proc\u00e9d\u00e9 le plus \u00e9conomique est appliqu\u00e9 : pren\u00addre un&nbsp;CD&nbsp;pour le presser sur vinyle.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La musique est r\u00e9tro, le sup\u00adport est r\u00e9tro : rien n\u2019\u00e9chapperait donc \u00e0 la manie ? Eeny meeny miny mo, le hip hop r\u00e9sis\u00adterait encore : \u00ab&nbsp;<em>J\u2019aurais dit la&nbsp;<\/em>elec\u00adtronic dance music<em>, mais ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu appa\u00adra\u00eetre une house r\u00e9tro, une techno r\u00e9tro, de la jun\u00adgle r\u00e9tro. Alors, peut-\u200b\u00eatre le hip hop, qui remixe des sons du pass\u00e9 sans verser dans le nos\u00adtal\u00adgique, sim\u00adple\u00adment pour utiliser le bon&nbsp;<\/em>groove<em>, le bon son du pass\u00e9. Cer\u00adtains ont dit que J Dilla \u00e9vo\u00adquait une cul\u00adture musi\u00adcale noire du pass\u00e9, avec une m\u00e9moire. Il y a aussi un c\u00f4t\u00e9 \u00e2ge d\u2019or, Juras\u00adsic&nbsp;5, la chan\u00adson \u00ab<\/em>Golden age<em>\u00bb : \u00ab<\/em>We\u2019re not balling, or shot call\u00ading We take it back to the days of yes y\u2019all-in\u203a<em>\u00bb. C\u2019est la&nbsp;<\/em>Belle \u00c9poque<em>&nbsp;du rap ! Mais m\u00eame dans le&nbsp;<\/em>back\u00adpack<em>&nbsp;hip hop, il y a vrai\u00adment cette id\u00e9e d\u2019un bon vieux son sur lequel s\u2019appuyer. Et le rap&nbsp;<\/em>main\u00adstream<em>&nbsp;n\u2019est pas vrai\u00adment nos\u00adtal\u00adgique non plus, il utilise le pass\u00e9 mais pour des usages pr\u00e9sents.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis&nbsp;<em>Retro\u00adma\u00adnia<\/em>, qui n\u2019est pas si vieux, d\u2019autres usages se sont d\u00e9velop\u00adp\u00e9s : YouTube, Spo\u00adtify, des paiements qui ne sont plus tar\u00adif\u00e9s\u2026 \u00ab&nbsp;<em>Cela encour\u00adage \u00e0 \u00eatre plus \u00e9clec\u00adtique, plus ouvert, et quelque chose s\u2019est bris\u00e9 au niveau de l\u2019identit\u00e9 asso\u00adci\u00e9e au genre. Dans la musique aussi : beau\u00adcoup de pro\u00adduc\u00adteurs hip hop ont ouvert leurs \u00e9coutes au del\u00e0 de la funk, de la soul, vers les Cocteau Twins, et d\u2019autres sons ind\u00e9s. Jay-\u200bZ est un grand fan de Griz\u00adzly Bear, par exem\u00adple.<\/em>&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;<em>Dick Heb\u00addige<\/em>&nbsp;\u00bb, griffonne-\u200bt-\u200bil sur un coin de feuille : \u00ab&nbsp;<em>Qui a longue\u00adment \u00e9tudi\u00e9 les tribus de style qui s\u2019affrontaient.<\/em>&nbsp;\u00bb Du pr\u00e9sent au pass\u00e9, Simon Reynolds sait que la musique s\u2019accorde au mou\u00adve\u00adment, c\u2019est bien la base : \u00ab&nbsp;<em>Ses arti\u00adcles ne sont pas d\u00e9fini\u00adtifs, ils mon\u00adtrent une \u00e9vo\u00adlu\u00adtion de ma pen\u00ads\u00e9e.<\/em>&nbsp;\u00bb Ici, on a l\u2019\u00e9nergie, ramenez le bruit.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre\u00adtien r\u00e9al\u00adis\u00e9 le&nbsp;25&nbsp;mars&nbsp;2013&nbsp;\u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Merci au Caf\u00e9 de l\u2019Od\u00e9on et au record shop&nbsp;D\u00e9moc\u00adra\u00adtie.<\/p>\n\n\n\n<p><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.actualitte.com\/tribunes\/juke-books-24-simon-reynolds-la-tactique-du-critique-1968.htm\" target=\"_blank\">Lire la par\u00adtie \u00ab Cri\u00adtique \u00bb de l\u2019entretien sur <em>ActuaLitt\u00e9<\/em><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un entretien qui remonte \u00e0 mars 2013, pendant Salon du Livre de Paris, que je couvrais pour ActuaLitt\u00e9, mais qui a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 dans une boutique parisienne, D\u00e9mocratie, dans le 5e arrondissement, ferm\u00e9e aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;y avais trouv\u00e9 Un justicier dans la ville, de Venom, d&rsquo;occasion. Je garde de Simon Reynolds le souvenir de quelqu&rsquo;un d&rsquo;assez &hellip; <a href=\"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/2021\/12\/17\/portrait-simon-reynolds-apologie-du-bruit\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Portrait &#8211; Simon Reynolds : Apologie du bruit<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[44,85,115,197,209,210],"class_list":["post-107","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-coup-doreille","tag-bring-the-noise","tag-entretien","tag-interview","tag-reynolds","tag-simon","tag-simon-reynolds"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=107"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/107\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=107"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=107"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/antoineoury.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=107"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}